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Jusqu'à la belle époque,
période durant laquelle le plaisir règnait; il
n'existait pas d'endroit où les classes sociales pouvaient
se mélanger.
Avec la création du café-concert les
barrières entre les classes sociales tombent temporairement.Les
prix sont bons marchés et un aristocrate et un ouvrier
peuvent facilement se retrouver à la même table.Les
deux cabarets les plus célèbres sont "Le chat Noir
et les Folies Bergères"
Les précurseurs:
Extrait de l'article de Robert
Vidal dans la revue "Miroir de l'Histoire"
de Février 1967:"Se souvenant du Rocher de Cancale"
des guingettes de la Restauration et des vieux caveaux
de jadis, un traiteur lettré nommé Dinocheau avait ouvert
en 1850 à l'angle des rues Navarin et Bréda, un cabaret
où écrivains et artistes trouvaient couvert et crédit
si une œuvre les en faisait juger dignes".En 1870,
année terrible, il fut ruiné.
1878 : création de "La Grande
Pinte" par Laplace avenue Trudaine.
Les bourgeois se mirent alors à fréquenter
les boulevards extérieurs au pied de la butte: un mouvement
artistico-littéraire semblait se dessiner dans ce secteur.
La rencontre
entre Rodolphe Salis (1851-1897) et Emile Goudeau.:
D'aprrès
le Conte de Montorgueil dans "L'éclair " du
14 Mai 1906:
"Un
soir qu'il montait mélancoliquement la rue des Martyrs,
Goudeau s'arrêta à la "Grande Pinte".Il était
là depuis quelques minutes, quand une bande joyeuse
fit son entrée: le peintre René Gilbert, le géant Parizel,
Forain, Léon Valade...Tout à coup Gilbert désigna à
Goudeau un jeune homme robuste qui les accompagnait:
"-Tu
ne connais pas ce camarade,
-Non!
-Vous
n'êtes jamais venu aux Hydropathes ?, demanda Goudeau.
-Jamais,
je faisais de la peinture à Cernay, loin des rumeurs
de la ville...mais je fonde un cabaret au 84 boulevard
de Rochechouart....
'Voulez-vous
assister au dîner d'ouverture?
'Volontiers
!"
Ainsi
eu lieu la rencontre entre Salis, peintre né
en Picardie , grand escogriffre roux et maigre, et le
fondateur des Hydropathes (cercle littéraire
et poétique qui eut jusqu'à deux cents adhérents.Salis
comprit l'intérêt qu'il avait à attirer chez lui les
artistes aussi biens poètes ou écrivains que peintres
qui participèrent au succès de ce genre d'endroit.
Il
accueillit également "Les Incohérents"qui
satirisaient contre les politiciens, protestant contre
l'uniformité et l'ennui.
Le
premier établissement :
En Novembre 1881, au 84 Bvd
de Rochechourt, "Le Chat Noir" ouvre ses
portes dans l'atelier du peintre Salis.Il s'improvisa
"Gentilhomme cabaretier".L'atmosphère qui
y régnait était tout à fait particulière; non seulement
le décor était de style louis XIII mais on pouvait voir
un amoncellement de statuettes religieuses ou autres
bibelots hétéroclites ainsi que ses toiles et sculptures.
De Willette dessine un chat
comme enseigne (cf affiche de Steinlein).
D'après Vidal l'endroit en 1881
tenait de la taverne moyenâgeuse , de l'atelier et de
la cathédrale.Il possedait une salle de spectacle exigüe
et charmante et une arrière-boutique où seuls les familiers
étaient admis.Le public tout en buvant de la bière assistait
à des improvisations poétiques et lyriques des chansonniers.Salis
installa un piano contre un arrêté gouvernemental qui
interdisait la musique dans les cabarets.
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